SOUS L’HORIZON – EXPOSITION LES EXTATIQUES

SOUS L’HORIZON – EXPOSITION LES EXTATIQUES

Premier rendez-vous de la saison culturelle Les Extatiques, l’exposition Sous l’Horizon invite à une immersion dans les mondes invisibles de l’océan, dans un espace de 1000 mètres carrés, habituellement non accessible au public, situé sous la grande arche. Équipés d’un casque audio et d’une lampe torche, les visiteurs traversent un parcours sensoriel mêlant science et fiction, avec les œuvres d’Antoine Bertin, Ugo Schiavi, Shivay La Multiple, Jérémie Brugidou et les mots de Mariette Navarro, contés par Emilie Loizeau.

Du 3 au 26 avril 2026.

Crédit image : Ugo Schiavi, 300dpi © Jean christophe Lett

EXPOSITION – SOUS L’HORIZON

DU 3 AU 26 AVRIL 2026

SALLES DES COLONNES – PARIS LA DÉFENSE

La plus grande part du monde palpite hors de notre regard. Elle commence sous l’horizon, dans un espace liquide où la lumière se dissout en quelques mètres. C’est là, sous une pression équivalente au poids d’un gratte-ciel posé sur le bout d’un doigt, que la vie a surgi il y a plus de 3,5 milliards d’années. Elle a inventé la bioluminescence bien avant le feu, les symbioses bien avant les forêts, les architectures coralliennes bien avant nos villes.

L’océan, qui couvre 70 % de la surface du globe et régule le climat, absorbe chaque jour 90 % de la chaleur excédentaire due au dérèglement climatique. Il produit plus de la moitié de l’oxygène que nous respirons. Il est le premier poumon de la Terre, le premier cœur battant du vivant. Et pourtant, plus de 80 % de ses fonds demeurent inexplorés.

Cette exposition est une plongée dans cet autre monde encore en devenir dans nos imaginaires. Elle s’ouvre comme on franchit l’écoutille d’un sous-marin ou la brèche d’une épave gagnée par les algues, dans un espace interstitiel métamorphosé qui se déploie sous la Grande Arche. Dans cette Salle des Colonnes, quatre artistes déploient leurs univers marins et composent une traversée poétique et sensorielle.

Guidés par un récit composé par Mariette Navarro et raconté par Emilie Loizeau, dont la langue navigue entre réel océanographique et fiction abyssale, les visiteurs déambulent dans l’obscurité, réunis en un petit groupe, casque audio aux oreilles, lampe torche à la main, dans une plongée qui ne raconte pas seulement l’océan mais qui nous y rend vulnérables, attentifs, poreux — comme si nos corps se remettaient à respirer par les branchies.

La descente commence au son du microbiome océanique : ces milliers de milliards de micro-organismes qui transforment le carbone, nourrissent la chaîne alimentaire et façonnent depuis toujours l’équilibre invisible de notre planète. Ils cèdent peu à peu la place au battement de cœur d’un poisson, mis en résonance par Antoine Bertin, comme un sonar vivant.

Plus loin, dans les profondeurs, le visiteur pénètre dans la Zone de minuit d’Ugo Schiavi, là où la lumière disparaît totalement, au-delà de 1000 mètres de profondeur. C’est l’espace des créatures impossibles : méduses fantômes, poissons aux dents translucides, organismes dont 90 % sont encore inconnus. Les vidéos et sculptures de Schiavi, flottantes et mutantes, semblent naître de ce limon cosmique où se rencontrent mythologies, futurs effondrés et déchets remontés de la surface.

Puis vient le territoire de la bioluminescence, qui nous est révélé par Jérémie Brugidou. Là, le visiteur rencontre la lumière vivante. De véritables photo-bactéries, des êtres minuscules qui diffusent une lueur née sans soleil, une lumière fabriquée par le vivant lui-même. Dans les profondeurs, cette lumière est un langage — pour attirer, repousser, séduire, tromper, survivre. Plus de 75 % des espèces abyssales y ont recours. Brugidou nous initie à cette grammaire secrète, comme autant de chapitres d’une histoire du monde écrite dans le noir.

Le voyage s’achève dans une grotte sacrée, un repli du monde dédié à Yemayá, déesse-mère des océans. Concevoir cet espace, pour Shivay La Multiple, c’est reconstituer le geste primordial : celui d’être enveloppé, porté, bercé par l’eau. L’installation devient un lieu de recueil, une chambre intérieure où chacun retrouve ce que la mer a laissé en nous : notre mémoire saline, notre vulnérabilité ancienne, notre appartenance au vivant.

Car l’océan n’est pas seulement un paysage : c’est notre origine, notre futur, notre respiration. Et c’est peut-être dans sa nuit que repose encore la possibilité d’un nouvel imaginaire du monde

LES ARTISTES

Antoine Bertin né en 1985, vit à Paris.

Antoine Bertin explore les frontières mouvantes entre science, nature et perception, mêlant field-recording, sonification de données, narration musicale et immersion sensible. Son travail prend la forme d’expériences d’écoute, de méditations audios ou de paysages sonores respectueux du vivant : le souffle du vent, le pulsar d’un écosystème microbien, le chant silencieux des forêts ou des océans.

Parmi ses réalisations, on compte des installations et performances présentées dans des lieux d’avant-garde comme la Tate Britain, le Palais de Tokyo, la Serpentine Gallery ou encore des festivals innovants (KIKK Festival, STRP Festival, Sonar+D). Depuis 2018, il dirige le studio de création Sound Anything basé à Paris, véritable laboratoire sonore qui conçoit des œuvres hybrides mêlant écologie, données et immersion.

Ugo Schiavi né en 1987 à Paris, France. Vit et travaille à Marseille, France.

Le travail d’Ugo Schiavi se situe au croisement des temps, mêlant l’époque contemporaine et l’antiquité dans des formes étranges qui trouvent un écho dans la mémoire collective. Jouant sur les tensions entre passé et présent – relevant d’une archéologie fictionnelle -, son œuvre donne naissance à des récits captivants, oscillant entre force et fragilité, fiction et histoire.

Son travail a été présentée à la Biennale de Lyon (2022), au Voyage à Nantes (2021) et à la Nuit Blanche (2018). Il a également présenté plusieurs expositions personnelles au Centre d’Art Bastille à Grenoble (2022), au Musée Réattu à Arles (2021) et au Musée des Beaux-Arts d’Orléans (2019).

Jeremie Brugidou né en 1988 et vit à Bruxelles.

Jérémie Brugidou se positionne comme artiste-chercheur « para-disciplinaire ». Après des études en arts et cinéma (docteur en études cinématographiques à l’École Normale Supérieure LSH), il développe une pratique à la croisée de l’esthétique, de l’anthropologie, de l’éthologie et de l’écosophie. Son travail mêle arts visuels, documentaire, installation et recherche.

Parmi ses domaines de recherche et création, on trouve l’étude des écosystèmes marins, de la bioluminescence, des rythmes naturels, des relations entre espèces, du vivant comme mémoire et comme futur possible. Son approche, à la fois réflexive et immersive, place l’art comme un espace d’investigation, de questionnement et de rêverie pour réinventer notre rapport au monde vivant.

Shivay La Multiple né·e en 1993, elle partage son temps entre Paris et Nouméa (Nouvelle-Calédonie / Kanaky).

Shivay La Multiple est un·e artiste pluridisciplinaire qui explore les territoires du sacré, de la mémoire, des métamorphoses intérieures et les liens entre corps, nature et spiritualité. Son œuvre mêle performance, installations immersives, matériaux organiques, matières sensibles et rituels contemporains. Par ses créations, Shivay La Multiple invite à la contemplation, à l’introspection, à la reconnexion.

Son travail a été montré dans plusieurs lieux et événements internationaux : au Centre Wallonie Bruxelles, à la Cité des Arts, à l’espace 29, au Magasin CNAC de Grenoble, à la Gaîté Lyrique, à la Biennale de Dakar, et à la Biennale de Lyon (dans la section jeune création).


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