Une année de programmation pour l’Europe des possibles

Une année de programmation pour l’Europe des possibles

La REcyclerie et COAL vous embarquent toute l’année 2016 sous le signe de l’Europe. Chaque mois, COAL présentera un artiste du pays mis à l’honneur par l’Europe des possibles, le programme d’échanges et de partage des alternatives durables à l’échelle européenne de la REcyclerie.

Crédit image : @ Robert Montgomery

On y parlera économie circulaire, agriculture urbaine, solutions durables, mais aussi lifestyle, cuisine et art de vivre. Le fil rouge de cette programmation : s’inspirer de nos voisins, faire circuler les bonnes idées et les solutions de demain, s’entraider, créer un réseau européen des bonnes pratiques et supprimer les frontières.

Chaque destination européenne choisie est à l’honneur pendant un mois, à travers un week-end de festivité, une exposition proposée par COAL, des ateliers, films, documentaires ainsi que des rencontres professionnelles. La REcyclerie accueillera tous celles et ceux qui veulent partager de bonnes idées et relaiera chaque jour sur son site et son Facebook les partages qui auront eu lieu.

À chaque mois sa destination…

Le Royaume-Uni – Du 3 au 11 mars – En mars, la REcyclerie part à la découverte de ces expériences anglaises qu’elle fera vivre à ses amis recycleurs ! COAL inaugure ce cycle par une exposition de Rob Montgomery pour un mois de mars consacré au Royaume Uni en collaboration avec la galerie Nuke. Ce sculpteur et poète, qui se définit comme un « post-situationniste mélancolique », est connu pour ses installations in situ créées à partir de lumière et de texte. Montgomery investit l’espace public dans la lignée des artistes urbains pour en faire un espace de libre expression. Avec des références subtiles à Jack Kerouac ou à Ezra Pound, le travail de Montgomery nous pousse à être plus attentifs aux questions environnementales et écologiques en faisant allusion à l’insoutenabilité de cette cité électrique que nous avons créée et en soulignant la nécessité d’une transformation radicale de notre mode de vie.

Ces deux œuvres sont issues de sa dernière exposition présentée par la galerie Nuke à Paris où l’artiste explorait des questions écologiques et sociales à l’occasion des 10 ans de Nuke, l’autoportrait de la génération polluée, et dans le cadre d’ArtCOP21.

Le Groenland & le Danemark – Du 9 au 16 avril – En partenariat avec le festival Polar, cap sur le fascinant Groenland, qui abrite le 2ème plus grand réservoir d’eau douce et dans lequel le réchauffement climatique est deux fois plus rapide que sur le reste de la planète. COAL invite the Arctic Perspective Initiative (API), un groupe de travail transnational en art, science et culture, fondé par Matthew Biederman et Marko Peljhan. Désireux de mettre en lumière les peuples d’Arctique, API invente des collaborations entre cultures, artistes, chasseurs, scientifiques et ingénieurs autochtones. L’installation présentée à la REcyclerie réunit des drapeaux des nations et des peuples de la région circumpolaire.

La Grèce – Du 4 au 11 mai – La Grèce a subi la plus grande crise économique de son histoire. Pour se reconstruire, les habitants font appel à l’entraide et développent par eux-mêmes bon nombre de nouvelles initiatives plus responsables et durables. Pour ce mois de mai consacré à la Grèce, COAL présente l’artiste Nikos Papadopoulos à la Recyclerie.

Nikos Papadopoulos est né en 1970. Il vit et travaille à Athènes et étudie la peinture à l’École d’Athènes des Beaux-Arts. Depuis 2000, il est membre du Groupe Filopappou. Il a été récemment lauréat du nouveau programme artistique du Laboratoire, Accelerate du CERN pour ses travaux qui allie qui allie l’étude de la nature et de la science. Il réalise à la REcyclerie un travail in situ dont le point de départ est Le déjeuner sur l’herbe de Monet. A l’opposé du processus humain, qui veut qu’en plein air soit déposées sur la terre toutes nos affaires afin d’avoir un pique-nique. L’artiste travail ici la terre pour qu’elle vienne se poser comme une nappe sur notre table. Cette nappe est faite par différentes qualités de terres.

La France – Du 9 au 15 juillet – L’an dernier, la COP21 a été le moteur d’une mobilisation citoyenne sans précédent. Partout en France des initiatives durables ont été mises sur le devant de la scène. Pour ne pas les oublier, on leur réserve notre mois de juillet. COAL invite Thierry Boutonnier à présenter son oeuvre « Frech Egg Vending Machine » dans une version inédite.

Thierry Boutonnier, né en 1980 dans le sud-ouest, a grandi dans l’élevage laitier de ses parents. Il réalise des actions et des objets en interdépendance avec des écosystèmes comme pour Le Domaine de Chamarande (2012), le Domaine de Belval (2014), Stuwa et le Grand Paris Express (2016). Son travail a été montré au Canada, en Allemagne, en Pologne, en Suisse, à la Biennale de Paris et celle de Rennes ou à la FIAC. En 2010, il a obtenu le prix COAL Art et Environnement pour son projet « Prenez racines ! » à Lyon. En 2010, il crée « Frech Egg », un distributeur automatique détourné (le programme et les moteurs de la machine sont modifiés): le visiteur introduit une pièce dans ce distributeur rempli d’oeufs frais et assiste à la chute de l’œuf qui irrémédiablement se casse, métaphore de la fragilité des ressources et de notre comportement irresponsable. Il fonctionne de façon à mettre en évidence nos comportements de consommateur conditionné. Le désir de contempler la destruction d’un produit frais symbolique, nous met face à nos mécanismes autodestructeurs. Enfin, devant le choix apparent du même, nous opérons un geste aliéné et nous appuyons sur le bouton. En 2016, avec La REcyclerie, Thierry Boutonnier imagine une nouvelle version de l’oeuvre, un retournement de « Frech Egg Vending Machine ». Plutôt que de combattre le feu par le feu en provoquant des dommages collatéraux irréversibles, des « seed eggs » vont prendre la place des oeufs frais sur les rayons tandis que la transaction monétaire sera remplacée par une pesée de l’âme évaluée à l’aide d’une plume… Une faute d’orthographe à « Frech » ? C’est fait exprès ! « Frech », ça veut dire méchant en allemand, c’est « French » sans le N, et un petit clin d’œil à « Fresh Window » de Marcel Duchamp. Une histoire de chute à rafraîchir…

La Hongrie – Du 19 au 25 novembre – Après la catastrophe écologique que fut l’explosion de l’usine d’aluminium de Ajka en 2010, la Hongrie, en retard en matière de développement durable, adopte petit à petit des initiatives émergentes. Dans le cadre du mois de la Hongrie à La REcyclerie, COAL invite le collectif d’artistes  Gruppo Tökmag à présenter l’œuvre « Les gravures murales sont indélébiles » du 1er au 13 novembre.

Avec cette installation d’ampleur présentée à La REcyclerie pour le mois de la Hongrie, András Tábori et Tamás Budha du collectif Gruppo Tökmag, ont pris comme sujet le graffiti, et particulièrement un ensemble de gravures trouvées sur les murs de l’espace urbain de Budapest. Adeptes du street art, les deux artistes considèrent la rue et ses murs comme des espaces d’exposition ouverts. Pour eux, les marques laissées par des auteurs pour la plupart anonymes, révèlent un ensemble de phénomènes cachés, des expressions populaires et citoyennes qu’ils collectent au gré de leurs explorations des milieux urbains à travers l’Europe et reproduisent dans le cadre d’installations artistiques. Ils possèdent actuellement une collection photographique de plus de 6000 des ces graffiti. Les artistes opèrent ensuite un déplacement de ces signes urbains en modifiant leur échelle et leur support, leur donnant un sens nouveau. Tels des archéologues métropolitains, ils révèlent ainsi les marques quasi invisibles, pour la plupart de quelques centimètres, et pourtant révélatrices de notre société.

Ici les gravures représentées sur un faux mur de brique en suspension se composent en trois catégories : celles qui ont perdu leur sens en raison de la difficulté à les déchiffrer et des effets du temps, celles qui trouvent un intérêt imprévu au regard des artistes, et celles qui perdurent dans les esprits, conservant leur signification, universelle, par delà les siècles. Ces gravures, imparfaites et réalisées dans un élan de spontanéité, interrogent sur l’intention des personnes qui les ont réalisées : que pouvaient-elles penser, que voulaient-elles faire passer par ces réalisations ? Sont-elles des œuvres d’art alors que leurs auteurs ne sont pour la plupart que de simples passants ? Indélébiles dans la mesure où il est très difficile de les effacer, elles perdurent à leur emplacement et peuvent, en ce sens, être considérées comme des marqueurs irréversibles de l’expression urbaine.

La Scandinavie – Du 10 au 16 décembre – La région scandinave s’avère être une championne des énergies renouvelables : 100 % de l’électricité provenant de sources renouvelables en Islande ou encore des transports publics qui font partie des plus verts au monde. Pour ce dernier mois du programme l’Europe des Possibles, COAL invite les artistes Magali Daniaux et Cédric Pigot à proposer une sélection de leur collection de vidéos déclenchées par le détecteur de mouvement d’une caméra qu’ils ont installée sur la Station de Recherche Internationale de Ny Ålesund à Svalbard, en Norvège, en 2012.

 

Ils ont accumulé au fil des années une collection de 178 courtes vidéos réalisées de 2014 à 2016, qui sont tous les instants où des actions se sont déroulées en face de la caméra : le vol d’un oiseau, des rafales de neige soulevées par le vent, la présence humaine que l’on peut sentir avec les rayons de lumière, des phares des véhicules de la station. Depuis leur rencontre, en 2001, l’œuvre conjointe de Magali Daniaux & Cédric Pigot est marquée du double sceau de l’expérimentation et de la performance. Leurs pièces mêlent des médias divers et associent des registres opposés avec une prédilection pour les correspondances entre science-fiction et documentaire, ingénierie de pointe et contes fantastiques, matériaux lourds et sensations fugaces.

Aux installations et objets, dessins et collages de leurs débuts se sont progressivement ajoutés des expérimentations et gestes artistiques plus immatériels. Vidéos, créations sonores, musique, poésie, recherches olfactives, œuvres virtuelles aux confins de l’art numérique ont formé un cycle d’œuvres consacré aux étendues arctiques et qui abordent des problématiques liées au changement climatique, les questions économiques, politiques et géostratégiques, le développement urbain et la gestion des ressources alimentaires. Ils travaillent actuellement en Alaska sur des projets consacrés à l’archéologie et au réchauffement climatique. Leur travail a notamment été montré au Musée du Jeu de Paume à Paris en 2014, à la Biennale d’Architecture de Venise en 2014, au Barents Spektakel en Norvège, en 2013, à l’opéra d’Oslo pour le festival Ultima en 2011, au Palais de Tokyo à Paris en 2011, à la Qui Vive International Bienniale à Moscow en 2010. Ils ont été résidents à la Cité Siam à Bangkok en 2005 et au Dar Batha à Fez au Maroc en 2013, à l’Académie Schloss Solitude à Stuttgart en 2015 et 2016.

Magali Daniaux & Cédric Pigot étaient finalistes du Prix COAL Art et Environnement 2010.

La REcyclerie
83 boulevard Ornano,
75018 Paris
01 42 57 58 49

contact(at)larecyclerie.com
www.larecyclerie.com

 

 


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