LES ARTISTES NOMMÉ·E·S POUR LE PRIX COAL ÉTUDIANT
Trois étudiant·e·s issues des écoles françaises du champ artistique et culturel sont également nommé·e·s pour la septième édition du Prix…
COAL est heureux de dévoiler les noms des dix artistes finalistes issu·e·s de la scène française et internationale, de l’édition 2026 du Prix COAL dédiée à « La Nuit ».
La remise des prix aura lieu le 4 décembre 2026 au Musée de la Chasse et de la Nature, à Paris, en ouverture de Sans Réserve, le rendez-vous de la création engagée pour l’écologie, qui se déroulera du 4 décembre 2026 au 10 janvier 2027.
Crédit image : Matthieu Gafsou, série Vivants(2018-2022) / Courtesy Galerie C.
Publié le 4 septembre 2026
Pour son édition 2026, le Prix COAL a invité les artistes à considérer la nuit non plus comme l’envers du jour, mais comme un monde en soi : un milieu vivant, un espace de perception, un bien commun écologique, politique et sensible.
Les projets nommés explorent la nuit à travers ses multiples manifestations : trames noires et pollinisateurs nocturnes, ciels traversés par les satellites, banquets interspécifiques filmés en infrarouge, halos de pêche aux frontières maritimes, marches somatiques dans l’obscurité, phénomènes atmosphériques invisibles, rêves collectifs, fictions spéculatives et lumières vivantes. À l’heure où la pollution lumineuse altère les rythmes du vivant, où l’attention est captée en continu, où les écosystèmes nocturnes se fragmentent, la nuit devient un territoire à défendre. Elle engage autant les insectes, les oiseaux migrateurs, les chauves-souris, les plantes, les rêves et les corps que nos manières de voir, de raconter, d’habiter et de transmettre.
LES DIX ARTISTES NOMMÉ·E·S POUR LA 17ÈME ÉDITION DU PRIX COAL ET LEURS PROJETS SONT :
Elena Bajo (Espagne) – Artemisia Noctis: A Grammar of Darkness
Amélie Bouvier (France) – Quadrivium – Orbital Pulse
Marielle Chabal (France) – Programme OPP-OPS : L’infiltration de l’ombre
G&K (Stéphane Guiran & Katarzyna Kot) (France/Pologne) – Les Tisseuses de lumière
Lou Le Forban (France) – La Bête noire
ámbar luna (Mexique) – Corps de la nuit // Bodies of the Night
Marie-Luce Nadal (France) – Botanique céleste
nomasmetaforas (France/Colombie) – Apprendre à mieux rêver
Dana Sherwood (États-Unis) – Animal Rites: Banquets in the Dark Wildness
Chang-Ching Su (Taïwan) – Jigging Green: A Dream Cast in Dormancy
PRÉSENTATION DES DIX PROJETS ARTISTIQUES NOMMÉS :
Elena Bajo (Espagne) – Artemisia Noctis: A Grammar of Darkness
Elena Bajo imagine un jardin sensoriel composé de plantes florifères nocturnes – tabac sylvestre, belle-de-nuit, onagre, jasmin de nuit et cactus à floraison nocturne – qui s’activent dans l’obscurité et où les visiteurs s’orientent par l’odorat et l’ouïe. Les papillons de nuit, chauves-souris et coléoptères, acteurs essentiels de ces écosystèmes nocturnes, deviennent également les sujets d’une recherche- action menée avec des naturalistes. L’œuvre se décline en une performance participative au clair de lune autour des pollinisateurs nocturnes. En défendant la continuité écologique de l’obscurité, l’artiste invite à préserver la « grammaire discrète » du vivant : celle des parfums, des rythmes lunaires, des circulations animales et des savoirs anciens que la nuit continue d’abriter.
Née en 1976 à Madrid, vit et travaille entre l’Espagne et les États-Unis. Artiste transdisciplinaire et Fellow Guggenheim 2026, Elena Bajo construit des environnements qualifiés d’« anarchoréographies » mêlant sculpture, performance et poésie pour explorer l’intelligence végétale et les cosmologies minorisées. Ses récentes expositions incluent Manifesta 15, la Biennale de Lyon et Performa, et son travail a été distingué par le Guggenheim Fellowship et l’Audemars Piguet Award.
Amélie Bouvier (France/Portugal) – Quadrivium – Orbital Pulse
Amélie Bouvier explore la transformation contemporaine du ciel nocturne à l’heure de la prolifération des satellites. Composée de modules en métal, bois et matériaux biosourcés, son installation sculpturale et sonore, conçue comme un observatoire sensible, traduit l’activité humaine dans l’espace en rythmes et vibrations. Chaque module activé rend perceptible la présence d’objets en orbite : satellites de communication, d’observation, de navigation, satellites scientifiques, ou débris spatiaux. Inspirée par les architectures archéo-astronomiques, l’œuvre explore comment ces mutations du ciel modifient nos imaginaires cosmologiques et notre relation à la Terre.
Née en 1982 en Fran, vit et travaille à Bruxelles. Amélie Bouvier interroge la mémoire culturelle à travers l’histoire de l’astronomie et les images scientifiques et révèle les cadres idéologiques sous-jacents aux représentations du ciel. Son travail a été présenté lors d’expositions personnelles au Pavillon Blanc Henri-Molina (FR), à l’Aomori Contemporary Art Center (JP), à CHRONIQUES – Biennale des Imaginaires Numériqueset au Museo Patio Herreriano (ES), et fait l’objet d’une monographie Staring Into the Night publiée en 2024 aux éditions Hopper & Fuchs. Elle est représentée par Harlan Levey Projects et Dialogue.
Marielle Chabal (France) – Programme OPP-OPS : L’infiltration de l’ombre
Marielle Chabal développe un documentaire spéculatif sur Gaïanita, une île-laboratoire fictive où l’obscurité fonde une autre éducation au vivant : coopérative, libertaire et écoféministe. La nuit devient ici une condition politique permettant d’échapper à la transparence généralisée, à la surveillance, et à l’extractivisme du regard. Apprendre à habiter l’ombre, c’est apprendre à percevoir et penser autrement des organisations moins dominatrices. Ce projet qui mêle archives analogiques, images Hi8 et VHS-C, captations Lidar, modélisations 3D et paysages sonores, fait de la fiction un outil critique face aux récits officiels du progrès.
Née en 1988 en France, vit et travaille à Paris. Artiste transdisciplinaire et doctorante, elle développe des « fictions-socles », des dispositifs hybrides réunissant artistes et scientifiques pour éprouver collectivement des futurs désirables. Par le jeu de rôle et l’immersion, Marielle Chabal envisage le récit comme un logiciel de conscience capable de transformer le champ social et politique. Lauréate du Prix Audi Talents pour Al Qamar, son travail a notamment été présenté au Palais de Tokyo, au Centre Pompidou et dans le réseau international de sa galerie Alberta Pane.
G&K (Stéphane Guiran & Katarzyna Kot) (France/Pologne) – Les Tisseuses de lumière
Le duo G&K imagine une création artistique et participative autour de la disparition des lucioles et de la fragilité des lumières naturelles de la nuit. Face à l’effondrement des insectes et à la pollution lumineuse, le projet invite à considérer la bioluminescence comme un signe sensible de la santé des milieux nocturnes. Il vise la création “d’Oasis de Lumières Sauvage”, des lieux où seraient étudiées, avec des scientifiques, les conditions d’une réintroduction respectueuse de lucioles endémiques dans des territoires où elles ont disparu. Ce geste écologique devient un rituel collectif associant habitants et scientifiques, et fait de l’émerveillement une forme d’attention et de responsabilité.
Le duo G&K est formé par Katarzyna Kot (Pologne) et Stéphane Guiran (France), ils vivent et travaillent en France. Depuis 2022, date de leur rencontre au Domaine de Chaumont-sur-Loire, le duo développe une démarche artistique commune, tournée vers l’écoute du vivant et la recherche de nouvelles manières d’habiter la Terre, en écho au concept de Symbiocène. En 2023, ils fondent l’association Grands Vivants affirmant leur volonté d’agir concrètement pour les écosystèmes étudiés. En 2026, ils initient une nouvelle création sur le Danube, qui sera diffusée à partir de 2028.
Lou Le Forban (France) – La Bête noire
La Bête noire explore la figure ambivalente du sanglier, jadis héros mythique, aujourd’hui perçu comme nuisible, à travers un film d’animation spéculatif qui se déploie durant une nuit unique. Dans cette immersion nocturne, entre souvenir et hallucination, un humain, greffé d’une mémoire animale, plonge dans le rêve d’une compagnie de suidés traversant forêts et zones urbanisées. L’œuvre s’incarne dans un pavillon textile évoquant les chasses médiévales, abritant sculptures et dessins réalisés avec des pigments naturels. En reliant imaginaires anciens et urgences écologiques, le projet fait de la nuit un espace où se révèle une intelligence sauvage invisibilisée.
Née en 1997 à Marseille, où elle vit et travaille. Diplômée des Beaux-Arts de Paris et du Fresnoy, Lou Le Forban déploie un travail mêlant film, peinture et textile, nourri de récits réels ou fictionnels, issus du merveilleux médiéval. Ses œuvres ont été exposées au FRAC Île-de-France, à la Grande Halle de la Villette, au LaM et au Musée national du Moyen-Âge de Cluny.
ámbar luna (Mexique) – Corps de la nuit // Bodies of the Night
ámbar luna envisage la nuit comme un milieu qui transforme la perception, le corps et l’imagination, où la vision cède la place à d’autres formes d’attention, tactiles, auditives, proprioceptives et affectives. Le projet s’inscrit dans la continuité de NOCTURNA. Night Walks for Women, autour de marches nocturnes de femmes au Mexique, visant à reconquérir les espaces publics peu éclairés la nuit. Il se déploie en trois axes : l’exploration somatique de l’obscurité, l’imagination astronomique inspirée par les constellations comme formes ancestrales d’orientation et de récit collectif, et la constitution de journaux nocturnes comme archives vivantes de la perception. La nuit y devient un territoire de reconquête écologique, sensible et politique.
Née au Chiapas (Mexique) en 1988, vit et travaille à Weimar, Allemagne. Danseuse et chorégraphe, ámbar luna développe des processus artistiques à l’intersection de la chorégraphie et de la nuit comme territoire sensible et politique. Son travail s’articule autour de recherche création explorant les relations entre le corps et l’espace, l’architecture et les pratiques artistiques collectives. Son travail est présenté dans de nombreux festivals internationaux. Elle prépare actuellement un master en art public à l’Université Bauhaus de Weimar (Allemagne).
Marie-Luce Nadal (France) – Botanique céleste
Marie-Luce Nadal s’intéresse aux phénomènes insaisissables qui n’apparaissent qu’à la nuit tombée: les sprites lumineux au-dessus des nuages d’orages et les formes hypnagogiques générées par le cerveau lorsque le sommeil se dérobe. Son installation met en dialogue images infrarouges, dessins issus d’expériences de sommeil altéré, couvertures à mémoire de rêve et oreillers sculpturaux. À la croisée de l’art, de l’atmosphère et des neurosciences du sommeil, elle présente la nuit comme un espace actif de révélation de l’invisible, où se manifestent des formes de vie électriques, neuronales et poétiques.
Née en1984 à Perpignan, vit et travaille entre Aubervilliers, Paris et Perpignan. Architecte et artificière de formation, le travail de Marie-Luce Nadal explore les dynamiques atmosphériques et la manipulation du climat à travers des installations immersives mêlant art et science. Ses œuvres ont été présentées au Palais de Tokyo, à la Biennale de Lyon, la Fondation Fiminco, La Patinoire Royale Bach, la Gaîté Lyrique ou encore la Nuit Blanche 2026. Elle est lauréate en 2025 du Opline Arts prize.
nomasmetaforas (France/Colombie) – Apprendre à mieux rêver
Le collectif nomasmetaforas imagine des ateliers de rêve collectif autour de l’armoise, plante associée aux songes, à la protection, aux savoirs populaires et aux traditions médicinales féminines. Né d’un dialogue avec le Conseil des médecins traditionnels du Cauca, en Colombie, ce travail explore la possibilité de retisser des liens avec le vivant à travers la pratique du rêve comme relation entre le corps, les plantes, les territoires et les imaginaires. Les récits issus de l’expérience de ces ateliers formeront une archive sonore réactivée dans Dream Rooms, une installation d’écoute et de méditation. Dans un monde saturé de lumière, de contrôle et de récits imposés, nomasmetaforas défend la nuit comme un espace d’opacité, de ralentissement et de réinvention collective.
Le collectif franco-colombien a été fondé par Julián Dupont né en 1985 en Colombie, et Clara Melniczuk née en 1991 en France, vivent et travaillent entre la France et la Colombie. À la croisée de l’art contemporain, des pédagogies collectives et des pensées plus-qu’humaines, leur recherche-création tisse pratiques artistiques et rituels écologiques en dialogue avec les communautés indigènes du Cauca. Leurs dispositifs ont été présentés internationalement au MoMA PS1, à la Pinacoteca de São Paulo, au MALBA, au Musée du Louvre, à Future Ours x Art2030, à la Kunsthal Charlottenborg Biennale et au CCA Glasgow.
Dana Sherwood (États-Unis) – Animal Rites: Banquets in the Dark Wildness
Avec ses Animal Rites, l’artiste compose dans le paysage des banquets destinés aux animaux commensaux, ces espèces qui vivent à proximité des mondes humains, dans les interstices de nos zones d’habitation. Les offrandes, filmées en infrarouge, sont laissées à la nuit révélant l’activité des ratons laveurs, renards, opossums ou autres visiteurs nocturnes, qui deviennent de véritables collaborateurs de l’œuvre. Avec ce dispositif qui célèbre une écologie de l’échange, du partage et de la transformation, Dana Sherwood interroge la domination du regard humain et fait apparaître la nuit comme un espace commun, fragile et vivant, où les frontières entre hospitalité, prédation, voisinage et cohabitation se recomposent.
Née en 1977 aux États-Unis, elle vit et travaille dans l’État de New York. Depuis plus de quinze ans, l’artiste interdisciplinaire Dana Sherwood explore les relations entre humains et nature via un prisme féministe et écologique. Son travail intègre mythologies et flore locale pour dialoguer avec le monde non-humain. Son parcours inclut des expositions personnelles au Florence Griswold Museum, Geary Contemporary, Denny Gallery et une représentation à la Documenta 13, au Storm King Art Center, et au Palais des Beaux- Arts de Paris.
Chang-Ching Su (Taïwan) – Jigging Green: A Dream Cast in Dormancy
Chang-Ching Su enquête sur une forme singulière de pollution lumineuse dans l’archipel de Matsu, à Taïwan : les lumières vertes des bateaux de pêche de calamars qui, chaque nuit, transforment l’horizon en aurore artificielle. Le projet, mené avec l’association de protection de la nuit Dark-Sky, associe photographie, vidéo, installation lumineuse et recherche, pour documenter l’impact de cette lumière sur les espèces nocturnes et migratrices tout en interrogeant l’histoire politique de l’obscurité à Matsu, longtemps marquée par les couvre-feux militaires et l’obligation de dissimuler les lumières domestiques. À travers cette enquête, l’artiste révèle un système transfrontalier où se croisent écologie, travail, alimentation, surveillance, économie maritime et imaginaires géopolitiques.
Né en 1995 à Taïwan, vit et travaille dans l’ État du Wisconsin. Artiste chercheur travaillant la photographie et l’installation vidéo, Chang-Ching Su explore les dynamiques de pouvoir façonnant les systèmes sociopolitiques, notamment à travers son projet Jigging Green sur le détroit de Taïwan. Son travail a été montré à l’EXPO Chicago, à la MIA Photo Fair et au Skövde Art Museum et au Taiwan International Photo Festival. Il poursuit un doctorat à l’University of Wisconsin–Madison.
Le Prix COAL 2026 bénéficie du soutien financier de l’Office français de la biodiversité, du ministère de la Culture, du Musée de la Chasse et de la Nature, de la Fondation François Sommer et de la Fondation LAccolade, ainsi que d’un partenariat avec les Ateliers Médicis et le Centre Wallonie Bruxelles/Paris, Les Nuits des Forêts et la Fondation Carmignac.
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