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PRIX COAL 2010 – LES NOMINÉS

PRIX COAL 2010 – LES NOMINÉS

Art Orienté Objet, L’Alalie


 

La biodiversité est un ensemble complexe dont le sort n’a pas bouleversé l’homme pendant les siècles passés, siècles au cours desquels elle a pourtant entamé un alarmant déclin. Pourtant, les ethnologues savent que les peuples minoritaires, vivant dans des conditions très proches de celles de leurs ancêtres, s’en sont inquiétés bien avant nous.

De fait, la disparition des espèces correspond avant tout à une disparition d’écosystèmes où l’homme était présent tout comme elles, indissociablement. C’est l’alalie. Bien sûr quand on entend ce mot on pense davantage à son homophone, l’hallali, le moment où l’animal aux abois va succomber. Sur un plan émotionnel, ce moment nous a toujours laissés sans voix, en pleine « alalie », ou « aphasie » désespérée, état où la parole ne s’exprime plus. Cette homophonie est aussi la parfaite description de cette disparition commune d’animaux et de cultures dont les langues se taisent à jamais. L’oeuvre qui nous est venue de cet état est tout d’abord le fruit d’un long processus de recherche dans lequel nous  ollectons les noms d’espèces disparues dans des langues disparues, les noms d’espèces en voie de disparition dans des langues en voie de disparition, enfin, les noms d’espèces communes dans des langues communément employées. Le but est de produire un gigantesque dessin au fusain (5 m x 10 m) où l’ensemble des noms d’animaux traduits dans ces très nombreuses langues reconstituera une géographie planétaire, dont on ne percevra le sens que par la reconnaissance des mots « vaches », «cochons », « poules », « chiens », « chats »… en anglais, espagnol, chinois ou français sur une grande partie du globe. Ce dessin sera surplombé d’un mécanisme motorisé relié à une horloge. Ce mécanisme s’apparente à un essuie-glace surdimensionné, constitué de pinceaux alignés, qui frôle le dessin, le balaye légèrement trois fois par jour, au rythme où disparaissent actuellement les espèces animales, l’effaçant progressivement. L’alalie nous renvoie à une fonction première de l’art où la parole s’estompe pour ne laisser que la trace d’un monde physique qui survit. Et si l’utopie, la vitalité fondamentale tenait à une capacité à regarder le monde d’un regard vierge, effacé ?

Art orienté objet est un duo artistique créé en 1991, à Paris composé de Marion Laval-Jeantet et Benoît Mangin. Ces deux artistes mettent l’écologie, comprise comme la science interrogeant nos conditions d’existence, au coeur de leur démarche artistique. Depuis 1991, ils travaillent l’installation, la performance, la vidéo et la photographie autour du thème du Vivant. Ce qui les conduit à aborder aussi bien la biologie, que les sciences du comportement (psychologie et éthologie, d’où la forte présence animalière dans leur travail), l’écologie ou l’ethnologie dans des créations poétiques et inattendues, autant politiques que visionnaires. Ils préparent une exposition monographique au Magasin de Grenoble à l’été 2010.

 

PASCAL BIRCHER – THE DOOR TO HELL

La Porte de l’Enfer: c’est ainsi que les habitants du désert turkmène appellent le cratère de Darvaza. Aux touristes, les guides officiels expliquent que ce cratère fut causé par une catastrophe naturelle. Il résulte en fait d’un accident industriel spectaculaire. En 1971, en perçant par mégarde une poche de gaz naturel lors d’une opération de forage, les Soviétiques provoquèrent un éboulement gigantesque. Il fut très vite décidé d’incendier le trou, sans organiser de secours, afin de se débarrasser au plus vite des émanations toxiques. Mais près de 40 ans plus tard, la Porte de l’Enfer brûle toujours. Le projet The Door to Hell consiste en une enquête, à la fois plastique, documentaire et fantasmagorique, autour de ce traumatisme écologique. Le cratère de Darvaza sera d’abord photographié d’un point fixe à intervalles réguliers pendant 24 heures, du crépuscule au crépuscule. Parce qu’il ne l’a encore jamais été, il sera également cartographié, afin d’être reproduit, sous forme de sculpture et de relevés topographiques.

Mêlant sculpture, cartes, photos, et témoignages sonores, le dispositif d’installation final explorera le lien entre environnement et construction de l’imaginaire, sous pression des rapports de pouvoir politique et économique. Il constituera une réflexion sur les relations de domination entre états, systèmes et idéologies, leurs effets sur les écosystèmes et leur impact le plus intime sur les individus. En résonance avec la représentation apocalyptique, littéralement infernale, portée par la production documentaire et cinématographique occidentale, d’Al Gore à Roland Emmerich, The Door to Hell tentera également de mettre en évidence l’impact d’un choc sur les représentations collectives de l’enfer et de fin du monde.

Né en 1972 en Angleterre, Pascal Bircher vit et travaille à Paris depuis 7 ans où il est représenté par la galerie Martine & Thibault de la Châtre. Le travail de Pascal Bircher consiste principalement en une enquête sur la question des origines, au sens large du terme, puisant ses références dans l’histoire, la science (notamment l’astrophysique), la littérature, mais également le cinéma de genre et la culture populaire. À la manière d’un laborantin mettant au point sa préparation dans un tube à essai, il précipite mythologies personnelles et collectives, échantillons du réel et éléments fictionnels, dans l’espoir de formuler l’insondable. Son objectif est notamment de sonder les mécanismes par lesquels les identités et les histoires se construisent et évoluent à partir d’un point nébuleux. Sa démarche de création s’inspire d’une dynamique du choc. Il explore ainsi les possibilités de représenter, d’objectiver l’invisible et l’indicible, ce qui résiste à l’entendement et à l’observation, en utilisant le détour d’une friction entre fiction et réalité.

 

VALÈRE COSTES – RÉSIDENCE EN FORÊT TROPICALE GUYANAISE

L’objet de ce projet est de mettre en place une plate-forme soutenue par des organismes scientifiques et artistiques ayant pour but de proposer une résidence en Guyane française. L’objectif est d’offrir aux artistes une logistique sérieuse qui leur permettrait de vivre «l’expérience de l’immersion » dans une forêt tropicale primaire.L’Amazonie est l’un des territoires mondiaux les plus soumis à de multiples constructions culturelles (récits d’explorateurs, mythes amérindiens dont celui de l’Eldorado, fictions littéraires et cinématographiques, la notion de l’exotisme, les documentaires…) mais l’immersion permet de se défaire de ces repères afin de s’en construire de nouveaux basés sur un vécu et non plus sur des stéréotypes, ceci afin de pouvoir prendre du recul et de savoir ensuite jauger les écarts qui séparent une réalité de sa construction culturelle. L’autre objectif est d’être entouré en amont et en aval du départ, par des acteurs scientifiques ayant une grande connaissance du fonctionnement des écosystèmes tropicaux (ontologie, biomécanique, botanique …).

Le lieu de la résidence serait situé dans la petite ville de Régina (800 habitants, à l’Est de la Guyane et à 115 Km de Cayenne) à l’écomusée municipal d’Approuague/Kaw. La ville, assiégée par la forêt, permet dans une atmosphère poisseuse, d’appréhender un espace ou les notions d’activité humaine et d’activité naturelle s’effondrent. Cette plate-forme serait hébergée par une structure culturelle existante (centre d’art, FRAC …) avec qui le cahier des charges serait rédigé.

Né en 1974, vit et travaille à Dijon. Diplômé des Beaux arts de Dijon en 2000, Valère Costes intègre la notion de respiration comme phénomène de captation du monde. L’artiste met en place des protocoles techniques robotisés inspirés de manifestations naturelles comme autant d’objets métaphoriques du souffle et de notre rapport au réel. Son art ne revendique rien d’autre que sa propre forme, mais déjà cette forme est parlante car elle s’écrit en réaction à un contexte général désarmant. L’oeuvre ne nous parle pas d’embarras causés à l’écosystème, sa réflexion se situe à un tout autre niveau, il interroge plus directement l’idée de nature à travers le prisme d’un monde technologique et culturel. L’art de Valère Costes devient tout naturellement allégorique. L’imagerie allégorique, écrit Craig Owen, est une imagerie que l’on s’approprie ; l’allégoriste n’invente pas les images, il les confisque. Il s’attribue le signifiant culturel, se pose comme son interprète. L’allégoriste ajoute une autre signification à l’image. L’artiste joue de cette confiscation des signifiants culturels.

 

CÉDRIC PIGOT & MAGALI DANIAUX – FINAL MELT

FINAL MELT est une chaîne de TV gratuite satellite tout public qui diffuse 24h sur 24, et dont l’unique programme est un plan fixe d’un paysage du pôle Nord que l’on pourra voir évoluer de jour, de nuit, au fil des saisons. Contemplative et sans doute un peu provocante, la chaîne FINAL MELT propose à ses téléspectateurs d’assister en direct à la fonte de la calotte glacière.

Magali Daniaux et Cédric Pigot sont nés en 1976 et 1966. Ils vivent à Paris et travaillent ensemble depuis 2001. Ils sont tous deux représentés par la galerie Eva Hober à Paris. Ensemble, ils tentent de développer une œuvre résolument polymorphe tournée vers l’expérimentation. Leur pratique concerne les arts visuels, la recherche sonore et l’écriture. De leur production au questionnement métaphysique, émane une esthétique sensuelle, puissante et singulière. Leurs réalisations sont d’une radicalité provocante voire violente, désespérément humaine et totalement poétique. Plus récemment, ils ont ajouté une dimension olfactive à leur travail avec E_0625325,une odeur charnelle, sexuelle et addictive qui laisse dans la bouche du visiteur un goût métallique et 804U Â2X intégrée à l’oeuvre Phii. «C’est un médium qui prend place dans l’air et nous aimons sa manière d’être à l’oeuvre, en ce sens ce travail rejoint nos recherches au niveau sonore.» Magali Daniaux et Cédric Pigot ont souvent collaboré avec l’industrie et l’ingénierie sonore, mécènes attentifs avec qui ils ont apprécié travailler: Michelin Thaïlande, De Préférence, Mane, les Ateliers Oury Guyé & fils, Esco France Cérébos, Axon, Deutsch Connectique, Arcelor Mittal, Air Treatment Aplliance Europe [scent solutions], Eol Industries.

 

MOMOKO SETO – PLANET Z

PLANET Z est une planète déserte. Après quelques milliards d’années, une concordance de hasards y donne naissance à un miracle : l’eau. Cette source de vie permet à son tour une nouvelle apparition : les végétaux. La planète déserte se transforme ainsi en une planète verte. Soudain, une épidémie (due à une anomalie, une mutation ou à un changement climatique ?) se répand : les plantes commencent à moisir. Se produit alors une lutte de survie entre les végétaux et les champignons. Les végétaux résistent contre ces troupes fongiques, cependant, la capacité de parasitisme des champignons leur a donné l’avantage. Les végétaux sont condamnés à disparaître, dévorés. Mais alors que les derniers sont anéantis, l’avenir des champignons eux-mêmes semble compromis. La vie d’une espèce peut-elle continuer, si elle n’a plus rien à parasiter ? Depuis la révolution industrielle, la nature sur la planète Terre est menacée. La consommation et l’utilisation abusives des ressources naturelles par les hommes les ont amenés à craindre un avenir incertain sur une planète qui, narguée, se laisserait mourir, stérile et déserte… Ce seront des phénomènes naturels et hasardeux, comme la décomposition des aliments, le développement des myxomycètes, l’invasion des moisissures, qui seront filmés et mis en alternance. La temporalité des processus sera recréée par la technique de time lapse1. Les images de synthèses y seront intégrées, hybridées pour apporter une touche surnaturelle à cette planète proposée.

Née en 1980 à Tokyo (Japon), de nationalité japonaise, Momoko Seto a vécu au Japon jusqu’à l’âge de 19 ans, puis vient étudier en France à l’École supérieure des beaux-arts de Marseille (Master en 2006). Ancienne résidente à la California College of the Arts de San Francisco/Oakland (USA) et étudiante au Fresnoy, Studio National des Arts Contemporains entre 2006-2008, elle travaille à Paris dans une unité du CNRS, au Réseau Asie en tant que réalisatrice de films documentaires. Momoko Seto propose d’observer des phénomènes naturels familiers. Elle détourne ces images et crée un monde (une planète) nouveau sur lequel existent des situations extrêmes et inquiétantes. En utilisant le genre « sciencefiction», qui se sert de paraboles pour parler du monde réel, elle évoque de façon métaphorique les défis environnementaux auxquels nous faisons face.

 

HEHE – NUAGE VERT


Nuage vert utilise les émissions de vapeur qui s’élèvent de l’incinérateur de Saint-Ouen. Une image laser est projetée sur le contour fluctuant du nuage de vapeur pour former un panache de lumière verte. Sa présence est visible dans le paysage urbain toutes les nuits pendant une semaine. Le Nuage Vert présente une forme simple et spectaculaire, un signe flottant gracieusement au-dessus de la ville : à l’extrémité du cycle création-destruction, là où la collectivité brûle ce qui n’a pu être recyclé autrement, il y a encore du sens et de la beauté. Pendant l’événement, les émissions de vapeur deviennent à la fois une sculpture environnementale et un signe d’alerte à tous, nous invitant à moins jeter.

L’oeuvre joue un rôle de révélateur, elle fait prendre conscience au public de son implication dans ce cycle et invite chacun à participer au processus. C’est à proprement parler dans l’interaction entre le Nuage Vert et les publics, à travers des débats, des médiations, des négociations que le projet pris dans son ensemble véhiculera une série de messages, sur la notion et la réduction des déchets.

Helen Evans et Heiko Hansen forment le duo HeHe. Ils vivent et travaillent à Paris depuis 1999. Utilisant un langage fondé sur la lumière, l’image et le son, ils mènent une recherche sur les relations entre les individus et leur environnement architectural et urbain. Pour HeHe, la ville est une source infinie de possibilités, non seulement pour construire l’avenir mais aussi pour exercer son sens critique, pour reprogrammer les bâtiments et les infrastructures, pour rendre l’invisible visible et pour créer de nouvelles significations tissant un récit pour les habitants.


FRÉDÉRIC PRADEAU – PURIFICATEUR D’EAU DE MER

Le projet Purificateur d’eau de mer s’inscrit au coeur de la recherche sur les nouveaux matériaux et en particulier la céramique. L’oeuvre est une sphère en céramique microporeuse de 62 centimètres de diamètre envisagée comme un filtre qui immergé à 500 mètres de profondeur pour les 50 bars de pressions nécessaires permet d’obtenir par effet de vases communicants de l’eau de mer purifiée. La pâte céramique a été développée spécifiquement suivant les contraintes de porosité et de résistance mécanique en partenariat avec la Société Imerys (leader mondial des minéraux industriels) et par le CRAFT (Centre de Recherche des Arts du Feu et de la Terre). Un matériau est défini comme une matière ayant des propriétés qui la rendent utile. Le matériau céramique développé pour cette oeuvre concrétise une potentialité dans un processus d’interactions homme nature. Afin d’opérer le glissement de l’oeuvre dans l’utilité, Frédéric Pradeau projette son immersion dans les conditions prédéfinies, reliée par un tuyau à une bouée réservoir ancrée. Ceci implique la conception et la fabrication de la bouée réservoir ainsi qu’une mise à l’eau par une structure compétente. Le test d’une sphère en fonctionnement permettrait d’envisager le développement du projet pour de multiples applications. Le prototype de Purificateur d’eau de merfigure actuellement dans l’exposition Mirages à la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris La Villette.
Né en 1970 à Poitiers, Frédéric Pradeau vit et travaille à Vincennes et Liverpool. Il est représenté par la New Galerie de France Paris, Laure Genillard Gallery Londres et la Static Gallery Liverpool. Diplômé de l’Ecole régionale des Beaux Arts de Poitiers et de l’Ecole municipale des Beaux Arts de Bordeaux, il a notamment été nominé aux David de l’Art contemporain en 2007 Frédéric Pradeau crée régulièrement des dispositifs complexes dont le résultat est le plus souvent d’une grande simplicité, touchant même au banal. De la distillerie de cocacola à la fabrication de briques, son travail s’intéresse aux modes de production de notre quotidien au sein de la société de consommation.

 

OLIVIER LEROI – UN DRAPEAU POUR L’ANTARCTIQUE

Lors de son voyage en Antarctique à la base française Dumont d’Urville en 2007-2008, Olivier Leroi prend conscience que ce continent qui “n’appartient” à personne n’a pas de réelle identité. Les conditions climatiques étant extrèmes, aucune population ne s’y est jamais installée (nuit polaire, froid, éloignement, ravitaillement…). Cependant un certain nombre de gouvernements y on établi des stations de recherche où des équipes se relaient en permanence. La présence de ces bases est une marque d’appropriation territoriale. Sur cette terre qui constitue le plus grand désert du monde, seuls quelques plantes et animaux adaptés au froid y survivent. Parmi ceux-ci, le plus emblématique est le manchot empereur. Olivier Leroi propose donc de concevoir un Drapeau pour l’Antartique aux couleurs de cet animal. Les bandes de ce drapeau adopteraient la répartition des couleurs de son plumage. Les scientifiques qui font des recherches en Antarctique seraient ainsi réunis sous cette bannière.

Après avoir suivi une formation de forestier en Corrèze et un parcours varié, Olivier Leroi a été élève de l’Institut des hautes études en Arts plastiques alors sous la direction de Pontus Hulten. Partant du dessin et de l’objet, il a progressivement développé une pratique polymorphe. Il réalise notamment des actions qui impliquent les personnes rencontrées sur les lieux d’intervention : Première neige au pays DogonEl Zorro Blanco au MexiqueLa brigade de Chambord. Il en conserve les témoignages sous forme de dessins, films, photographies… Dans le cadre de la commande publique, il s’attache à mettre en lien les contextes et les émergences vécues : Abscisse-ordonnée au Collège de Brunoy (91), La Baliseau Lycée du Giennois (45),Vingt-et-une histoire dans le vent au Collège de Thiant (59), Les 5 sens, Institut de Neuroscience de La Tronchesur-Isère (38) Il cristallise des rencontres, la transversalité étant une des nourritures de sa recherche.

 

PHILIPPE TERRIER-HERMANN – THE WORLD

Ce projet consiste en la réalisation d’une mappemonde de grand format totalement redessinée en incorporant diverses projections plus ou moins réalistes. En effet, cette carte fictive d’un monde futur serait conçue, avec l’aide de divers spécialistes en géopolitique et développement durable, en prenant en compte divers phénomènes tant politiques qu’écologiques. Cette projection présente un monde futur qui aurait été contraint de redéfinir ces frontières, afin de faire face à divers mouvements de populations liés au réchauffement climatique et à la montée des eaux. Une prise en compte de certains phénomènes de nationalisme et de protectionnisme sera aussi mise en perspective dans ces projections. À titre d’exemple, le Royaume-Uni, sous décision des Nations Unies accueilleraient la moitié de la population du Bangladesh, disparu sous les eaux, dans les territoires des Highlands en Écosse. L’Andalousie, trop aride pour les espagnols serait devenue un territoire concédé à divers réfugiés africains. La population d’Israël, devenu zone nucléaire après divers bombardements en Moyen-Orient, serait réfugiée en Poméranie, un territoire polonais devenu une île, suite à la montée des eaux des fleuves Vistule et Oder. Les densités extrêmes de populations auront créé des conurbations inquiétantes, avec des mégalopoles régions, telle la « New-Holland » ville/pays abritant 25 millions de personnes sur un land concédé par l’Allemagne. En effet, beaucoup de conflits sont déjà générés par la répartition des richesses contenues dans les sols. L’eau devient elle aussi une source de conflit grandissante (Nil, Jourdain, Danube, Kirghizstan et Ouzbékistan, Mauritanie et Sénégal…). Ces phénomènes vont donc certainement s’accentuer sous la pression démographique et les divers changements climatiques. Cette vision mi-apocalyptique et mi-utopique est donc censée sensibiliser sur un mode parodique et ludique aux effets des pollutions engendrées par l’homme. Ces divers désastres (réchauffements, montée des eaux, fleuves contaminés, guerres, zone nucléaire active…) auront pour effet de concentrer les populations sur des parcelles exiguës. Certaines zones seront devenues totalement invivables,tandis que nos anciens paradis blancs (pôles, Groenland…) seront les nouvelles capitales pour les «happy few».

Philippe Terrier-Hermann est né en 1970. Après des études de photographie à La Cambre à Bruxelles et à la School of the Art Institute of Chicago, il réalise son premier travail Intercontinental1996- 2000” à la Rijksakademie van Beeldende Kunsten à Amsterdam. Puis, il séjourne à Bruxelles, à Rome (Villa Médicis), à Paris (cité des Arts) et à Tokyo (Villa Médicis Hors les Murs). Depuis 2000, il a exposé au Centre National de la Photographie à Paris, au Museum voor Fotografie à Anvers, à la Biennale de Sharjah aux Emirats Arabes Unis, à la maison Grégoire à Bruxelles, au Centre d’art contemporain de Castres, à la villa Arson à Nice et cette année à la Biennale de Busan en Corée du sud. Ses Vidéos ont été projetées à l’occasion des soirées Point Ligne Plan à La Fémis à Paris, au Super Deluxe à Tokyo, aux Etablissements d’en face à Bruxelles, à De Appel à Amsterdam au Jeu de Paume et au Grand Palais à Paris et au Centro Reina Sofia à Madrid. Certaines font aussi parties des collections du Musée National d’Art Moderne, Centre Georges Pompidou à Paris. Il a publié quatre ouvrages Fascination & Romans, Internationales106 beautés japonaises et 93 beautés Hollandaises avec l’éditeur néerlandais ARTIMO puis Veenman. Il a collaboré avec l’Institut Français de la Mode et avec les magazines Up Street à Londres et Hunch à Rotterdam. Il enseigne la photographie à La Cambre à Bruxelles et aux Beaux-Arts de Besançon. En 2007, il est en charge d’une mission photographique, sur le paysage contemporain, commanditée par le gouvernement de la Province Zuid Holland. Il est fondateur et responsable du centre d’art autogéré La maison Grégoire à Bruxelles.





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