PRIX COAL 2026 : LES LAURÉAT.ES

PRIX COAL 2026 : LES LAURÉAT.ES

Le Prix COAL 2026 a été décerné à Chang-Ching Su pour son projet Jigging Green: A Dream Cast in Dormancy. Le prix spécial du jury a été attribué à Amélie Bouvier pour son projet Quadrivium – Orbital Pulse. La mention Centre Wallonie-Bruxelles/Paris à Marielle Chabal pour son projet Programme OPP-OPS : L’infiltration de l’ombre. La mention Ateliers Médicis à Lou Le Forban pour son projet La Bête noire. La mention Nuits des Forêts à nomasmetaforas pour leur projet Apprendre à mieux rêver. Cette année pour la première fois, un Prix Special Hors Compétition – Fondation Carmignac a été décerné à Elena Bajo pour son projet Artemisia Noctis: A Grammar of Darkness. 

Les Prix seront remis le 4 décembre 2026 au Musée de la Chasse et de la Nature, à Paris, à l’occasion de l’ouverture de Sans Réserve, le rendez-vous de la création engagée pour l’écologie, imaginé par COAL, qui se déroulera du 4 décembre 2026 au 10 janvier 2027.

Le Prix COAL 2026 dédié à La Nuit a invité les artistes à défendre la nuit comme un bien commun, un enjeu écologique majeur pour la régénération du vivant, un refuge, une diversité de langages à célébrer, et un droit au repos et à l’opacité. Inventer des récits pour réapprendre à habiter l’ombre, faire œuvre avec la nuit, c’est contribuer à une écologie des rythmes. Restaurer la peur de la nuit est un parfait antidote à l’anthropocentrisme, parce qu’elle nous oblige à l’humilité, en nous confrontant au ciel profond, à l’infiniment grand, à la démesure du cosmos.

Découvrez le lauréat du Prix COAL Étudiant 2026

 

LES LAURÉAT.ES : 

CHANG-CHING SU, Lauréat Prix COAL 2026, POUR SON PROJET JIGGING GREEN: A DREAM CAST IN DORMANCY

Chang-Ching Su enquête sur une forme singulière de pollution lumineuse dans l’archipel de Matsu, à Taïwan : les lumières vertes des bateaux de pêche de calamars qui, chaque nuit, transforment l’horizon en aurore artificielle. Le projet, mené avec l’association de protection de la nuit Dark-Sky, associe photographie, vidéo, installation lumineuse et recherche, pour documenter l’impact de cette lumière sur les espèces nocturnes et migratrices tout en interrogeant l’histoire politique de l’obscurité à Matsu, longtemps marquée par les couvre-feux militaires et l’obligation de dissimuler les lumières domestiques. À travers cette enquête, l’artiste révèle un système transfrontalier où se croisent écologie, travail, alimentation, surveillance, économie maritime et imaginaires géopolitiques.

Chang-Ching Su, né en 1995 à Taïwan, est un artiste taïwanais. Il vit et travaille dans l’État du Wisconsin (États-Unis).

www.chang-ching-su.com

Artiste chercheur travaillant la photographie et l’installation vidéo, Chang-Ching Su explore les dynamiques de pouvoir façonnant les systèmes sociopolitiques, notamment à travers son projet Jigging Green sur le détroit de Taïwan. Son travail a été montré à l’EXPO Chicago, à la MIA Photo Fair et au Skövde Art Museum et au Taiwan International Photo Festival. Il poursuit un doctorat à l’University of Wisconsin–Madison.

AMÉLIE BOUVIER, Lauréate du Prix COAL mention spéciale du jury 2026, POUR SON PROJET QUADRIVIUM – ORBITAL PULSE

Amélie Bouvier explore la transformation contemporaine du ciel nocturne à l’heure de la prolifération des satellites. Composée de modules en métal, bois et matériaux biosourcés, son installation sculpturale et sonore, conçue comme un observatoire sensible, traduit l’activité humaine dans l’espace en rythmes et vibrations. Chaque module activé rend perceptible la présence d’objets en orbite : satellites de communication, d’observation, de navigation, satellites scientifiques ou débris spatiaux. Inspirée par les architectures archéo-astronomiques, l’œuvre explore comment ces mutations du ciel modifient nos imaginaires cosmologiques et notre relation à la Terre.

 

Amélie Bouvier, née en 1982 en France, est une artiste française. Elle vit et travaille à Bruxelles (Belgique).

ameliebouvier.com

Amélie Bouvier interroge la mémoire culturelle à travers l’histoire de l’astronomie et les images scientifiques révélant ainsi les cadres idéologiques sous-jacents aux représentations du ciel. Son travail a notamment été présenté au Pavillon Blanc Henri-Molina (FR), à l’Aomori Contemporary Art Center (JP), à la biennale CHRONIQUES et au Museo Patio Herreriano (ES) et a fait l’objet d’une monographie Staring Into the Night (2024, éd. Hopper & Fuchs).

LOU LE FORBAN, Lauréate de la mention Ateliers Médicis, POUR SON PROJET LA BÊTE NOIRE

La Bête noire explore la figure ambivalente du sanglier, jadis héros mythique, aujourd’hui perçu comme nuisible, à travers un film d’animation spéculatif qui se déploie durant une nuit unique. Dans cette immersion nocturne, entre souvenir et hallucination, un humain, greffé d’une mémoire animale, plonge dans le rêve d’une compagnie de suidés traversant forêts et zones urbanisées. L’œuvre s’incarne dans un pavillon textile évoquant les chasses médiévales, abritant sculptures et dessins réalisés avec des pigments naturels. En reliant imaginaires anciens et urgences écologiques, le projet fait de la nuit un espace où se révèle une intelligence sauvage invisibilisée.

 

Lou Le Forban, née en 1997 à Marseille (France), est une artiste française. Elle vit et travaille à Marseille (France).

louleforban.com

Diplômée des Beaux-Arts de Paris et du Fresnoy, Lou Le Forban déploie un travail mêlant film, peinture et textile, nourri de récits réels ou fictionnels, issus du merveilleux médiéval. Ses œuvres ont été exposées au FRAC Île-de-France, à la Grande Halle de la Villette, au LaM et au Musée national du Moyen-Âge de Cluny.

MARIELLE CHABAL, Lauréate de la mention Centre Wallonie Bruxelles/Paris, POUR SON PROJET PROGRAMME OPP-OPS : L’INFILTRATION DE L’OMBRE

Marielle Chabal développe un documentaire spéculatif sur Gaïanita, une île-laboratoire fictive où l’obscurité fonde une autre éducation au vivant : coopérative, libertaire et écoféministe. La nuit devient ici une condition politique permettant d’échapper à la transparence généralisée, à la surveillance, et à l’extractivisme du regard. Apprendre à habiter l’ombre, c’est apprendre à percevoir et penser autrement des organisations moins dominatrices. Ce projet qui mêle archives analogiques, images Hi8 et VHS-C, captations Lidar, modélisations 3D et paysages sonores, fait de la fiction un outil critique face aux récits officiels du progrès.

Marielle Chabal, née en 1988 en France, est une artiste française. Elle vit et travaille à Paris (France).

@elle_chab

Artiste transdisciplinaire et doctorante, elle développe des « fictions-socles », des dispositifs hybrides réunissant artistes et scientifiques pour éprouver collectivement des futurs désirables. Par le jeu de rôle et l’immersion, Marielle Chabal envisage le récit comme un logiciel de conscience capable de transformer le champ social et politique. Lauréate du Prix Audi Talents pour Al Qamar, son travail a notamment été présenté au Palais de Tokyo, au Centre Pompidou, au Grand Café – Centre d’art d’intérêt national – Saint-Nazaire et dans le réseau international de sa galerie Alberta Pane.

NOMASMETAFORAS, Lauréat de la mention Nuits des Forêts, POUR SON PROJET APPRENDRE À MIEUX RÊVER

Le collectif nomasmetaforas imagine des ateliers de rêve collectif autour de l’armoise, plante associée aux songes, à la protection, aux savoirs populaires et aux traditions médicinales féminines. Né d’un dialogue avec le Conseil des médecins traditionnels du Cauca, en Colombie, ce travail explore la possibilité de retisser des liens avec le vivant à travers la pratique du rêve comme relation entre le corps, les plantes, les territoires et les imaginaires. Les récits issus de l’expérience de ces ateliers formeront une archive sonore réactivée dans Dream Rooms, une installation d’écoute et de méditation. Dans un monde saturé de lumière, de contrôle et de récits imposés, nomasmetaforas défend la nuit comme un espace d’opacité, de ralentissement et de réinvention collective.

 

Le collectif nomasmetaforas est composé de Clara Melniczuk née en 1991 en Colombie et Julián Dupont né en 1985 en France. Ils vivent entre la France et la Colombie. 

nomasmetaforas.com

À la croisée de l’art contemporain, des pédagogies collectives et des pensées plus-qu’humaines, leur recherche-création tisse pratiques artistiques et rituels écologiques en dialogue avec les com- munautés indigènes du Cauca. Leurs dispositifs ont été présentés internationalement au MoMA PS1, à la Pinacoteca de São Paulo, au MALBA, au Musée du Louvre, à Future Ours x Art2030, à la Kunsthal Charlottenborg Biennale et au CCA Glasgow.

ELENA BAJO, Lauréate du Prix Special Hors Compétition – Fondation Carmignac, POUR SON PROJET ARTEMISIA NOCTIS: A GRAMMAR OF DARKNESS

Elena Bajo imagine un jardin sensoriel composé de plantes florifères nocturnes – tabac sylvestre, belle-de- nuit, onagre, jasmin de nuit et cactus à floraison nocturne – qui s’activent dans l’obscurité et où les visiteurs s’orientent par l’odorat et l’ouïe. Les papillons de nuit, chauves-souris et coléoptères, acteurs essentiels de ces écosystèmes nocturnes, deviennent également les sujets d’une recherche- action menée avec des naturalistes. L’œuvre se décline en une performance participative au clair de lune autour des pollinisateurs nocturnes. En défendant la continuité écologique de l’obscurité, l’artiste invite à préserver la « grammaire discrète » du vivant : celle des parfums, des rythmes lunaires, des circulations animales et des savoirs anciens que la nuit continue d’abriter.

 

Elena Bajo, née en 1976 à Madrid (Espagne), est une artiste espagnole. Elle vit et travaille entre l’Espagne et les États-Unis.

www.elenabajo.com

Artiste transdisciplinaire, Elena Bajo construit des environnements qualifiés d’« anarchoréo- graphies » mêlant sculpture, performance et poésie pour explorer l’intelligence végétale et les cosmologies minorisées. Ses récentes expositions incluent Manifesta 15, la Biennale de Lyon et Performa, et son travail a été distingué en 2026 par le Guggenheim Fellowship et l’Audemars Piguet Award.

 

LE JURY 2026

Clara Anguenot, directrice du festival Nuits des Forêts
Cathy Bouvard, directrice des Ateliers Médicis
Samuel Challéat, géographe, auteur d’une thèse intitulée « Sauver la nuit, Empreinte lumineuse, urbanisme et gouvernance des territoires »
Yann Chateigné, commissaire d’exposition
Catherine Dobler, directrice de la Fondation LAccolade
Karine Duquesnoy, haute fonctionnaire à la transition écologique et au développement durable, ministère de la Culture
Alice Gandin, directrice du Musée de la Chasse et de la Nature
Stéphanie Pécourt, directrice du Centre Wallonie-Bruxelles / Paris
Vivien Rebière, Office français de la biodiversité
SMITH, artiste

 

DOTATIONS

– L’artiste lauréat·e du Prix COAL bénéficie d’une dotation de 12 000 euros et d’une résidence de création au cœur du Domaine de Belval, propriété de la Fondation François Sommer, animée par les équipes scientifiques et pédagogiques du Musée de la Chasse et de la Nature et celles du Domaine de Belval. Véritable observatoire de la ruralité et de la vie sauvage, le domaine accueille chaque année des artistes sélectionné·es pour l’intérêt de leur contribution au renouvellement de la vision du rapport de l’humain à son environnement naturel.

– L’artiste lauréat·e du Prix spécial du Jury bénéficie d’une dotation de 3 000 euros.

– L’artiste lauréat·e de la mention Ateliers Médicis bénéficie d’une résidence à Clichy-sous-Bois/Montfermeil, en lien avec la forêt régionale de Bondy.

– L’artiste lauréat·e de la mention Centre Wallonie-Bruxelles/Paris, aka Le Vaisseau, bénéficie d’une dotation de 2000 euros et est invité à exposer au sein de l’institution parisienne.

– L’artiste lauréat.e de la mention Nuits des Forêts bénéficie d’une dotation de 3000 euros pour une résidence de création dans une forêt partenaire.

– L’artiste lauéat.e du Prix Special Hors Compétition – Fondation Carmignac bénéficie d’une dotation de 5 000 euros pour la production d’une œuvre qui sera présentée durant l’exposition « La Nuit » à la Villa Carmignac (île de Porquerolles, France) en 2027.

 


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